Jeudi 23 avril 2009 4 23 04 2009 20:15
Me trouvant dans un pays civilisé (du moins du point de vue culinaire), je profitais du fait que mes parents me nourrissaient durant mon séjour pour reprendre mes charmants kilos, qui m'avaient tout de même manqués.

Bref, je me repu de pastilla, tajine, tangia et autre couscous autant que je pus.

Bon, je ne vous mettrais pas vraiment l'eau à la bouche sans vous décrire un repas typique, ou tout du moins le genre de repas que nous eûmes à Marrakesh.

En général, suivant notre appétit, nous prenions une salade en entrée, ou, histoire de nous immerger plus encore dans les coutumes alimentaires locale, de la harira.
Cette soupe, très consistante, est une soupe à la tomate, avec plein d'épice dedans, des vermicelles et des pois chiches. Ceux qui connaissent mon amour pour les pois chiches vous diront combien j'ai du aimer cette soupe, que l'on consomme avec des dattes.

Le plat de résistance venait ensuite : le premier soir je goûtais une pastilla au poulet. C'est un peu un feuilleté au poulet. C'est également sucré-salé, et je me suis régalée.
Les jours suivants, j'eus tout le loisir de gouter les différentes sortes de tajines (plat de viande cuit à l'étouffé). Boeuf, mouton, poulet... J'eus l'occasion de tout essayer.
Depuis, j'ai eu le temps d'oublier lequel je préférais.

Pour finir, nous prenions des pâtisseries, la grande majorité pleine de miel et d'amande...
Une fois encore, je me servais deux fois plutôt qu'une.
Et bien sur, pour faire couler le tout, nous achevions ces repas de thé à la menthe, le whisky berbère.
Je précise tout de même que les marocains ont un léger penchant pour leur whisky, et qu'ils en consomment autant que les irlandais consomment leur Guiness, et dans les mêmes occasions.
Enfin, moi, à 4h de l'après-midi, je préferre tout de même un petit verre de thé.

D'ailleurs, servir le thé est devenu très vite un jeu : c'était à celui qui verserait le thé en tenant la théière le plus haut possible... Les verres étant relativement petit (à peine plus grand que les shooters auxquels je suis plus habituée), c'est un exercice amusant, qui a envoie des petites gouttelettes tout partout autour du verre...

Bref, en général ce thé est servi avec la théière, et si le premier verre (sucré comme la vie) est facile à avaler, si ce n'est de la température, le goût des verres suivants est de plus en plus prononcé (car le thé continue à infuser) le second étant fort comme l'amour, et le dernier amer comme la mort.

Mais nous ne faisions pas que hanter les restaurants, nous avons également arpenté la place Jamaâ El Fna, qui regorge de montreur de singes, de serpents et autres curiosité le jour, mais où des sortes de stands se montent dès 16h pour le repas du soir...
Là se côtoient des baraques où l'on sert des escargots, des têtes de mouton (cervelle et langue), de la harira, et bien sur des tangines et brochettes de viande, accompagnés de légumes ou de frites (souvent froids, tout de même).
En ces occasions, on est alpagué tout les deux mètres par des rabatteurs chargés d'attirer les clients. Ces rabatteurs, après vous avoir installé, ne se gênent pas plus que ça pour vous bousculer un peu et installer d'autres clients ("Si, si, il y a la place pour douze personnes, allez, poussez vous un peu s'il vous plait !").

C'est fort convivial, mais une fois le repas fini, c'est avec joie que nous nous tournions vers les stands plus calmes (enfin, tout est relatif) des vendeurs de jus d'orange.
Ces derniers vous interpellent également pour vous inciter à boire chez eux (vraiment, ils boivent peut être plus que les irlandais, ces gens là...).
Charmés par le sourire d'un charmant jeune home, nous délaissions plusieurs autres roulottes (ah, oui, ces stands là sont montés sur roulotte).
En attendant mon verre, je tournais mon regard vers le vendeur que nous avions évincé, pour découvrir la très grande courtoisie qu'il maintenait à notre égard, de son plus beau majeur.

Je décidai néanmoins que notre vendeur était bien plus mignon, et bu mon verre, tout en lorgnant l'étalage de fruits secs sur la carriole d'à côté.
Dattes, figues, raisins secs, cacahuètes et autres paraissaient n'attendre que nous, et mon père ne se fit pas prier pour prendre une bonne ration de fruits.

Ceci constituait notre quotidien culinaire, mais nous eûmes également droit à une invitation  à dîner en bonne et due forme d'un ami marocain chez ses parents.
Là bas, nous pûmes déguster la meilleure harira de ce séjour, et goûter à la tangia.
La tangia, pour la petite histoire, est un plat de viande cuit encore une fois à l'étouffer, mais dans une sorte de jarre. Il est cuisiné par les hommes, et nécessite 3 heures de cuisson.
Mais les hommes, au lieu de mettre viande, légumes et aromates dans la jarre, la jarre sur le feu, et s'en retourner ensuite à la lessive, prennent cette excuse pour aller cuisiner entre hommes, autour d'un verre de thé à la menthe.
Non, mais vraiment...

Le plat n'en reste pas moins délicieux qu'il se mange avec les doigts. Vous me direz que tout se mange avec les doigts, ici...
Oui, mais au restaurant et sur la place, touristes obligent, nous avions droit à des couverts.
Bref, ici nous rompîmes le pain, et utilisâmes ce dernier pour nous servir des morceaux de viande, avec beaucoup de sauce tout de même.
Avant de passer à la suite, nous eûmes même droit au "lavabo mobile" : une sorte de grande théière associée à un bassin.
Notre hôte nous versa donc de l'eau tiède (quel délice !) sur les mains, et nous présenta une serviette pour les essuyer.

Le dessert était également très bon.
Il faut dire que c'était des fruits.
J'ai toujours dit que les fruits ne se cuisinaient pas.
Ça leur fait perdre leur saveur.

Mais tous ces plats typiques sont extrêmement riches.
Bien plus que mon ordinaire dublinois.

Je passais donc ma dernière nuit sur le sol marocain aux toilettes.
Par Mathoche - Publié dans : Comment survivre culinairement à l'Irlande
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Dimanche 19 avril 2009 7 19 04 2009 20:11
Ayant rejoint ma famille, nous pûmes nous envoler vers notre destination finale : le Maroc.

Je vous passerai les détails du vol, car c'est tout de même commun, comme moyen de transport.
Bref, en arrivant, nous primes le taxi qui nous attendait vers notre riad chouia chouia, pour nous délester de nos bagages. Moi, je voyage léger, habitude oblige, mais mes parents... Ben, moins.

En sortant du riad, nous croisâmes un gentil monsieur qui nous proposa de nous emmener jusqu'à la place.
Il ne m'inspirait pas confiance, mais après tout, après une nuit de deux heures, j'ai des tendances paranoïaque.
J'ai donc suivi le patriarche (après tout, au Maroc, c'est les hommes qui dirigent), et gardait mes soupçons pour moi.
Après un virage à droite et trois à gauche, nous, on était complètement perdus.
Du coup, le type, il nous a fait découvrir Marrakesh dans ses moindres recoins.

Enfin, surtout les recoins.
Parce que mettre 20 min pour un trajet qui n'en demande que 5, ça fait des sacrés détours, tout de même.
Pour ceux qui ne connaissent pas, Marrakesh, c'est comme un labyrinthe géant, plein de corridors étroits (deux mètres de large, parfois moins), avec une large place en son centre, et quelques artères principales qui la desservent, ainsi que quelques autres places dignes d'intérêt.
Pour ceux qui ne connaissent pas, s'y perdre est d'une facilité déconcertante (même lorsque l'on a un sens de l'orientation aiguë, ce qui n'est pas mon cas).
A fortiori, lorsque l'on est guidé par quelqu'un dont le but est de nous perdre.

Le monsieur s'avéra être un rabatteur pour le restaurant d'un "cousin, cuisine traditionnelle, très bon, pas cher".
Mais mon père, fortement agacé, donna un pourboire (je n'aurais pas été d'une si grande largesse) pour se débarrasser de lui et nous revînmes à la place.

Où nous fûmes dépouillés.
Au propre comme au figuré.
Par un montreur de singe, qui nous a alpagué après un "Oh, il est mignon !" de mon plus jeune frère.
Ni une, ni deux, le saltimbanque était sur nous. Enfin, plutôt son singe, qui nous dépouilla pendant la séance photo qui s'ensuivit.
Ensuite, ce fut le moment de remercier son maître, et il n'était plus question de monnaie de singe.


Après ces dures négociations, nous nous dirigeâmes vers les tombeaux saadiens.
Ils s'agit en fait d'un cimetière de luxe richement décoré, rehaussé de somptueuses sculptures sur bois.
On interrogea Léo, qui semble fatigué : " Regarde, c'est pas beau ? "
Réponse de l'intéressé : " Bof. "
Moi, tentant de l'accrocher : "Il a fallu des heures pour tailler tout ça ! "
Mon frère, que j'ai manifestement fortement influencé durant sa prime enfance, me regarde d'un air blasé et me décoche un : "Ouais, et en trente secondes, t'as tout vu." qui restera inscrit dans ma mémoire à tout jamais.


Je restais néanmoins contemplative devant cet art qui se refuse à toute représentation humaine, si différent de Keith Haring, Delacroix et autres Raphaëls auxquels je suis habituellement fidèle.

Une autre face importante de la culture arabe, c'est les souks.

Le souk, c'est bien.
C'est abrité du soleil.
Comme ça, je peux entretenir mon teint légendaire.

Le souk, c'est coloré.
Il y a plein de tissus colorés, babouches en tout genre.
Comme ça, on peut troquer ses espadrilles contre une paire de chausses plus exotique.

Le souk, c'est parfumé.
Il y a plein d'épices, de parfums naturelles sur les étalages.
Comme ça, on peut réhaussé le goût du quotidien avec une note de vacances quand on rentre à la maison.

Le souk, c'est le marchandage.
Il y a plein de marchands qui pratiquent ce sport.
Comme ça, on peut payer le double de son prix un miroir.
Bon, ça c'est mon père, parce qu'à moi, on me la fait pas, et je ne pense pas que j'ai tant perdu avec la théière que j'ai ramenée. Du moins si j'en juge par la tête que faisait le vendeur quand il a fini par céder.

Pour finir, on a tous fini au centre d'artisanat où les prix sont affichés, histoire de garder un peu d'argent pour pouvoir manger !
Par Mathoche - Publié dans : Comment survivre culturellement à l'Irlande
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Samedi 11 avril 2009 6 11 04 2009 19:00

J'ai été exeptionnellement chanceuse, ces derniers temps.
Le temps, à Dublin, était resplendissant.
Je veux dire, comparé à d'habitude.
Comprenez que nous eûmes droit à un ciel bleu immaculé, sous un soleil démentant les doutes que j'avais sur son existence.

Il faut dire qu'ici, les journées de grand beau temps sont presque aussi légendaires que les montagnes. Et j'entends par là que l'on en connait l'existence et la description, mais que l'on attribut cette dénomination un peu hâtivement au premier rayon de soleil réussissant à percer les épais nuages irlandais.

Or donc, nous eûmes beau temps.
Plusieurs symptomes peuvent mener à ce diagnostique.
D'abord, j'étais de bonne humeur. Certaines mauvaises langues vous diront que je suis toujours de bonne humeur. A qui je rétorque d'un ton acerbe qu'un même symptome peut être conséquences de deux causes différentes.
Après tout, on peut avoir mal au ventre à cause d'une appendicite, où après un repas trop riche.

Le second symptôme est beaucoup plus révélateur, et nous mène droit à la conclusion.
Les parcs de TCD regorgeaient d'étudiants, thésards, chercheurs, professeurs et autres membres en pagaille de cette très réputée institution (qui accueillit en son temps Oscar Wilde, tout de même) , profitant d'un soleil qui réchauffe le coeur.

Le coeur, oui, mais pas le corps.
En tant qu'habitante d'un pays tempéré, où les hivers sont froids et les étés sont chauds, je gardais ma laine sur le dos, respectant l'adage, mais profitais tout de même du ciel que pas un nuage ne venait troubler.

Quelque peu frustrée de ce soleil laissant mon corps de marbre, je m'en allais rejoindre ma famille au Maroc pour me réchauffer, tel un reptile attendant son heure en se prélassant sous un soleil de plomb.

Mais le soleil, ça se mérite.
Il faut aller le chercher.
Pour cela, départ 6am de Dublin.
Comptez 2h pour l'enregistrement, et vous pouvez aller dormir (ou pas) à l'aéroport.
J'avisais donc quelques amis que j'allais passer la soirée en ville, et qu'ils étaient les bienvenus s'ils voulaient se joindre à moi.
C'est ainsi que je me retrouvais en compagnie de trois charmants jeunes gens pour moi seule.
Après une agréable soirée passée avec une anglaise (my english is amazing), deux américaines et un australien, je me retrouvais dans un aéroport quasi-vide, enveloppé dans une épaisse chape de ronflements, troublée de temps en temps par des avertissements nous demandant de ne pas laissez nos bagages sans surveillance (parce les enfants, même si c'est des bombes à retardement, on leur colle une bouteille de whiskey, et ils dorment), sous peine de quoi ils pourraient bien se faire exploser (et, après tout, ce qu'il peut arriver aux enfants, on s'en fiche un peu).

Trouvant ainsi du temps pour sortir de mon anorexie librique (et n'ayant pas assez de neuronnes en eveil pour tout autre activité), je sortis de mon sac l'élégance du hérisson, qui se refusait à moi depuis quelques temps déjà (temps que j'avais employé à hanter honteusement et éhontemment fesses de bouc, au dépit de mon lectorat favori).
Me plongeant donc dans les aventures d'une concièrge revêche et d'une petite fille piquante, je savourais un chocolat chaud, accompagné d'un ultime muffin noisette/banane. Décidemment, rien ne différencie les anglais des irlandais, à l'exception peut être de la reine et d'un toucan.
Après avoir écouté d'une oreille distraite les propos frivoles de deux jeunes parisiens installés à côté de moi (à croire que le snobisme parisien m'insupporte de mal en pis), je passais la douane dès que l'occasion se présenta pour embarquer vers des contrées plus chaudes.

Quelques heures plus tard, je survollais Madrid. Je m'étonnais d'abord de la couche de nuage que nous avons du traverser pour atterir (plus épaisse qu'à Dublin), et observais avec ravissement par le hublot l'état dans lequel se trouvait ma tête, encore toute encotonnée de cette nuit blanche.
Je débarquais donc dans un aéroport nettement plus vivant que celui que j'avais quitté au point du jour, et remarquais tout de go que les menaces me fustigeant à Dublin n'avaient plus cour ici, remplacée par une demande fort polie priant les fumeurs de ne fumer que dans les zones indiquées, pour le bien de tous.

Sur cette agréable découverte, je changeais de terminal, terminais mon roman, et patientais encore quelques heures avant de m'enregistrer pour la suite de mon voyage, et pour rejoindre ma famille, qui avait pris une longueur d'avance sur moi pour dévaliser les duty free.
Par Mathoche - Publié dans : Expat' en Irlande !
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