Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /2009 04:01
Je l'ai quittée.
Je l'ai regardée, comme ça, de loin, un rien en travers, avec un pincement au coeur.
J'ai tourné la tête.
Je suis passée à autre chose, j'ai fait mes bagages.
J'ai quitté les lieux, sans autre forme de procès.
Je me disais que ça irait.
Que de toute façon, ce n'était plus possible.

J'ai quitté ma bibliothèque.
Même Antigone (Anouilh) me faisait de l'oeil. Je me suis dit qu'un petit bouquin comme ça, je pouvais bien l'emmener... Un tout petit...
Et puis je me suis souvenue que j'avais déjà 5 livres à Dublin, et qu'il va falloir jouer serré pour le rapatriement. Donc, pour l'intérêt général de ma bibliothèque, j'ai abandonné Antigone, toute seule, perdue autour de tous ces livres. Sans personne pour venir la parcourir, la caresser du bout des doigts.

Je me suis sentie vide. Ma première pensée fut pour mon antidépresseur habituel.
Mais il est également hors de porté.
Cet antidépresseur est fortement additif. Je le guette dans tous les magasins. Malheureusement, Dublin n'est pas le meilleur endroit pour le trouver.
Cet antidépresseur a un nom. Pennac.

Pennac est un de mes auteurs préférés.
L'auteur raconte avec humour les scénario les plus improbables, mêlant une intrigue policière à une situation familiale et professionnelle rocambolesque, plongée dans un passé proche, mais pourtant si lointain, tout en posant sur l'Histoire un oeil délivré de celui des manuels scolaires, au travers de petits vieux perdus, de grands-pères camés et de lointains souvenirs d'enfance... Commençons donc par un commencement (ou, du moins, par un semblant de commencement) : Au bonheur des Ogres...

Au commencement, donc, Benjamin Malaussène, frère de famille responsable (sa mère vivant ses aventures avec passion, sans prendre le temps d'en élever le fruit elle-même), pue le bouc à plein nez... En effet, il est bouc émissaire au Magasin, où les bombes pleuvent, désignant Ben, sans l'ombre d'un doute. Et pendant ce temps, les enfants réclament à corps et à cris le récit de Ben, toujours plus pressants, sans compter Tante Julia, qui envahit peu à peu le coeur de notre pauvre Ben... Qui se retrouve, comme toujours, accusé de tous nos maux et de tous nos vices, en bon bouc qu'il sait être.
Bref, laissons lui la parole : "C'est un métier beaucoup trop payé pour ce que je fais, mais pas assez pour ce que je m'emmerde." Et tout ce roman servis sur fond de références culturelles, sans avoir l'air d'y toucher, et avec humour, vous l'aurez compris.

S'ensuivent quelques autres romans, dans lesquels des petites vieilles se défendent à la carabine, les collégiens font péter leur établissement, les nonnes tombent enceintes...
A lire.
Ou du moins, essayez les premières pages...

Moi, je m'en retourne à Pennac, pour me remettre du vide bibliographique qui m'entoure.
Merci.
Par Mathoche - Publié dans : Comment survivre culturellement à l'Irlande
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /2009 13:40
Étant de retour en cette bonne vieille France, avec ses porcs sains (les irlandais étant légèrement indisposés), ses fromages au fumé délicat et ses baguettes, la première chose que je dévorais fut un généreux morceau de St Félicien sur une tranche de pain aux noix. On retrouve le goût.

La seconde chose que je remarquais fut la toute nouvelle machine à pain de mes parents. Ni une, ni deux, je fis quelques essais de brioches (réussis), mais suivis aussitôt de quelques déceptions (pas assez de levure, pour la majeure partie. Il y a quelque chose concernant la levure qui ne veut pas monter jusqu'à mon cerveau...) donnant des pains et brioches n'ayant pas assez cuit.

Qu'à cela ne tienne !
Je me replierais sur une recette inédite d'orgasme au chocolat mêlant gingembre et poivre dans un coulant pour le nouvel an.

Je me procure donc à grand mal du gingembre, les balances de la supérette n'indiquant pas le gingembre (merveilleux ordinateurs), et me préparais pour la dite soirée.
Je n'oubliais point mon tout nouveau disque dur externe, histoire de pouvoir faire ressurgir quelques souvenirs d'enfance.


Par contre, pauvre de moi, je laissais ma tête sur l'oreiller et le chocolat dans le placard.
Je me retrouvais donc dans une cuisine inconnue, à cuisiner un plat que je n'avais jamais testé, en manque de certains ingrédients. Je tachais donc tant bien que mal de m'en sortir...

Et bien je suis sortie par la petite porte. J'aurais bien voulu sortir par le trou de souris, mais ayant regagné lors du dernier réveillon tous les kilos perdus lors des durs mois d'abstinence irlandais, je ne pouvais plus rentrer...

Après ces durs échecs culinaires, je me mis à saliver sur les réussites gustatives de Poulpy, avec ses samoussas, et de Caerby avec ses propres expériences.
Nous eûmes ainsi l'idée d'un dimanche culinaire.

Et ce dimanche fut une réussite.
Dimanche midi fut laissé à nos hôtes, car Poulpy et mon humble (très humble, après tous ces échecs) personne passions cette matinée dans le train pour les rejoindre à Lyon.
Nous eûmes donc la joie et le plaisir de déguster, autour d'une table savamment décorée sous l'égide de Noël, des escalopes de poulet aux cacahuètes, accompagnées de riz et d'une sauce merveilleuse beurre de cacahuète-moutarde-crème. Comme dessert, nous nous régalâmes de boulettes de riz fourrées aux oranges.

Après une bonne pause digestive, qui donna le ton musical du dimanche, nous quittions la douceur de l'appartement pour une promenade dans Lyon, qui était malheureusement pour moi, dans le brouillard.

Background musical dominical.

Je dis malheureusement, parce que je n'ai jamais pris le temps de visiter la ville. Je me contente de visiter le musée d'art contemporain, et encore, juste pour Keith Haring.

Bref, nous nous retrouvâmes sur une place dont je ne me souviens plus le nom, avec vue sur un truc en hauteur dont je ne me rappelle pas le nom non plus, en train de déguster une barba-papa (ça, je me souviens du nom).

Après quelques pérégrinations au grès du vent et du brouillard, nous rentrâmes afin de préparer ce que nous allions dîner ce soir là.
Le choix de Poulpy s'arrêta sur les samoussas, et quant à moi je préparais une recette que je maîtrise, les poivrons farcis sucrés-salés, accompagnés de semoule. Le plat étant assez nourrissant, nous nous passâmes fort aisément de dessert.

Et bien si l'année 2008 s'est finie sur un échec, la rentrée culinaire 2009 fût une réussite !
Par Mathoche - Publié dans : Comment survivre culinairement à l'Irlande
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Samedi 27 décembre 2008 6 27 /12 /2008 23:09

Je ne suis pas une bimbo.
Je ne suis pas une pin-up.
Je n'aime pas le lèche vitrine.
Ça me gave.
Du coup, je me fringue surtout en fonction de ce que je vais faire et de qui je vais voir dans la journée.

Par exemple, si je vais au ski (ou au snow), je met ce pull immonde, mais néanmoins fort confortable, à capuche. Avec mon pantalon de ski, forcément. Et comme il est plus tout jeune et que j'ai pas envie de me retrouver avec le cul mouillé, je rajoute un jean en dessous. Je vous informe d'ailleurs que les jambes de mon jean sont assez large pour contenir mes boots. Je peux grossir des mollets, et c'est bon à savoir. En même temps personne ne grossit des mollets. Regardez les obèses, ils sont tous minces des mollets. Mais je m'égare...

Bref, ma tenue de ski n'est pas fashion. Elle est loin d'être aussi bigarrée que celle des parisiens qui viendront polluer nos pistes belles et enneigées quand viendra février. Et surtout, elle est loin d'arriver à la cheville de celle de mon frère.


Mascime donc assorti la couleur de sa veste à celle de son pantalon, cette dernière se mariant très élégamment à celle de ses boots, qui ne jure pas avec la couleur des fixations, lesquelles rappellent agréablement les couleurs du pantalon et du surf réunies. A noter également qu'il a choisit son masque en fonction de la couleur de sa veste, et que le bonnet complète merveilleusement l'ensemble. Sans oubliez la sous-veste dans les mêmes tons, ce serait dommage de faire une faute de goût sur la touche finale.

Au contraire, tout est dépareillé chez moi. Veste grise, pantalon noir, pull blanc, écharpe grise, snow bleu blanc vert, chaussures bleues blanches grises, fixs noires... A quelques détails près je passe au monochrome, ceci dit ! Enfin, sans compter mes joues rougies par l'effort... (Plutôt par le vent, le froid et la neige, me direz-vous. Vous n'auriez pas tord.)
C'est moche.
Mais pratique et efficace : j'ai pas froid.
Mon frère non plus. Mais lui, après passage en caisse, il a plus un rond pour payer son forfait !

Mais pour les fêtes de Noël, j'ai du faire un effort.
Alors, j'ai sorti le chemisier bleu pour le 24.
Clair, le bleu.
Très clair.
Trop clair.
Je prends mes précautions, je mange prudemment.
J'arrive à la fin du repas, la salade. Je me sert, je mange, je discute...

Et le contenu de ma fourchette tombe.
Non, pas sur moi, dans mon assiette. Où est le drame, me direz-vous ? Et bien, en tombant dans la sauce salade, ma fourchetté (j'aime les néologismes) a fait savoir à la dite sauce que là n'était pas sa place (à la sauce), et qu'elle (la sauce) devait aller voir ailleurs si elle (la fourchetté) y était. "ailleurs" signifiant le chemisier bleu clair, sortit du placard et dépoussiéré exprès pour l'occasion.

Nullement découragée, j'ai fait (encore) un effort pour le 25. J'ai sorti un autre chemisier, blanc cette fois. Et j'ai entamé un combat avec l'entrée.
Une crevette.
Que j'ai vaillamment décapitée, et qui s'est brillamment vengée en envoyant gicler, dans un ultime effort, sa cervelle couleur caca d'oie sur mon beau et blanc chemiser.

Ben pour le 31 sur trente-et-un, ça promet !
Par Mathoche - Publié dans : Et alors ?
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