Expat' en Irlande !

Dimanche 26 juillet 2009

Je suis donc rentrée en France il y a plus d'un mois (déjà).
Et ce fut une rude épreuve.
La première épreuve fut de traverser la route.
Non, ne rigolez pas, c'est plus dur que ça en a l'air !

En France, les passage piétons ne sifflent pas !
En France, les voitures roulent à droite !

Ces constatations m'amenèrent à modifier deux habitudes : regarder à gauche avant de traverser (pour changer du "look right" écrit sur le bord du trottoir), et cesser de textotter en attendant le tswiiittatatatatatatatata !
Croyez moi, les nouvelles habitudes sont aussi tenaces que les anciennes.

Bref, après avoir évité moultes voitures klaxonnant furieusement, je pu m'installer chez Chris qui m'hébergea pour la nuit.
Oui, parce que je suis restée sans abris en regagnant la France. D'ailleurs, je continuais à déménager tous les jours (ou presque, tout a une fin... ou presque.)  pour emmenager chez Flo.
Chez qui je suis toujours.
Et oui, je retourne en coloc'.

D'ailleurs, pour ne pas perdre la main, je suis directement allée voir Yaya pour voir s'il ne pouvait pas me donner un peu de science à faire pendant l'été, histoire de reprendre de bons réflexes avant la rentrée.
Il me donna donc bien gentillement un article à lire.
Que j'ai mis une semaine à lire.
Une autre à comprendre.

Une fois cette lecture digérée, on me donna un nouvel article.
Et on me demanda de fusionner les deux.
Comme ça, ça fera un bébé papier.
A soumettre avant septembre...

D'ailleurs, en parlant de publier, si je m'ennuie, je peux toujours finir celui sur le vote électronique...
En quittant le labo, je croisais JF Monin, qui s'étonnait que je ne rougisse pas de ne pas avoir fait le magistère cette année.
Je lui répondis donc sans rougir que là-bas on sous-estimait mes capacités, doutant fortement que je puisse mener à bien études et stage, gardant pour moi qu'ici on sur-estimait ces mêmes capacités, me demandant de travailler plus pour publier plus, certes, mais également de sortir moins pour produire plus.
Je sais.
Je l'ai cherché.

D'ailleurs, ça ne tombe pas plus mal.
Car en fait de sortie, les bars de Grenoble font pales figures en comparaisons de ceux de Dublin.
Quand j'arrive à trouver mon chemin pour rejoindre mes amis.
Je me suis rendue compte que je confondais les noms et les endroits, les rues et les places, et que me suivre pour sortir dans Grenoble était plus risqué que me suivre pour aller boire une pinte dans Dublin (vous me direz, Dublin c'est pas difficile, il y a un pub à tous les coins de rue), malgrès les 5 années que j'ai passées sur place.
Mais les pubs dublinois ont une longueur d'avance sur leur ersatz grenoblois : un groupe jouant en live.

Je me suis vue compenser ce manque par les concerts du cabaret frappé, sous un soleil qui ferait pâlir d'envie les dublinois.
Par Mathoche
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Mercredi 8 juillet 2009

Pour conclure cette équipée épique, je vous propose mon rapport de fin de séjour (celui que j'ai réellement rendu).
Oui, je sais, je n'en suis pas à mon premier rapport (celui-ci sans LaTeX) sous le signe de l'humour, mais un jour, j'apprendrais à être sérieuse...

Peut-être.

Rapport de fin de séjour

Vie Pratique

Etant arrivée bien en avance par rapport à la rentrée universitaire dans l'optique de trouver un appartement, j'ai passé une dizaine de jours à chercher un logement décent (uniquement par le biais de daft.ie), dont le loyer n'excéderait pas 500€. A ce prix là, on ne trouve que des chambres à partager en centre ville (donc près de l'université), et plus on s'éloigne des centres-villes, plus les prix baissent.

Finalement, j'ai été acceptée en chambre universitaire, dont le système est relativement différent du système français, en cela que les prix sont les mêmes que ceux du marché (soit environ 600€ par mois pour une chambre seule dans un appartement), mais l'on peut noter des commodités (salles de jeux, bibliothèques, salles informatique, internet, lavomatique). Dans cette résidence, il s'agissait d'une chambre seule dans un appartement partagé avec 4 autres filles, dont le loyer est payé en avance (sur internet par carte bancaire) par trimestre. La résidence était surveillée (gardiens, caméras de surveillance), comprenait des « warden » (médiateurs gérant des éventuels conflits), et en banlieue proche (plutôt aisée).

Il est également à noter que les loyers ont été renégociés à la baisse au cours de la crise avec les propriétaires particuliers.

 

Fait particulier : tout se paye en liquide, et aucun bail n'est signé avec le propriétaire (généralement). C'est relativement surprenant venant de France, mais c'est également la norme ici. Je n'ai donc eu nul besoin d'ouvrir un compte bancaire sur place, le compte français étant suffisant. Pour obtenir un emplois, il faut également se procurer un numéro INE, mais je n'ai pas effectué ce genre de démarche.

 

Trinity College n'étant pas qu'une université, mais également un lieu touristique renommé (il n'était pas rare de voir soit une horde de retraités découvrant tardivement les joies des voyages qui meublent la vieillesse), les restaurants de l'université ont été confiés à des entreprises privées. Donc, on ne peut pas compter sur un repas sur place à moins de 4€, ce qui est quelque peu déconcertant lorsque l'on a bénéficié pendant des années des restaurants universitaires largement subventionnés.

Ceci dit, le campus étant à deux pas du centre ville, il était relativement facile de se trouver un sandwich pour quelques euros de moins, les plus avares cuisinant chez eux et squattant largement les salles communes réservées habituellement au staff, thésards, post doc et autres chercheurs.

 

Ma couverture sociale me couvrant à l'étranger, je n'ai eu aucune démarche à faire. Jouissant d'une santé de fer, je n'ai pas eu à faire face à des dépenses inopinées de ce point de vue, mais une camarade allemande est retournée dans son pays d'origine pour éviter les tarifs extravagants des dentistes locaux.

 

Les téléphones portables « pay as you go » (mobicarte) sont également la norme, et une solution pratique. Meteor propose des illimités (sms ou appels) vers les téléphones de cet opérateur (en mobicarte), mais les autres opérateurs sont moins chers vers l'étranger.

 

La vie universitaire se résume à des cours magistraux et des TPs, il y peu (voire pas, dans la plupart des cours) de TDs. Il est supposé que les élèves travaillent d'eux mêmes leurs cours chez eux, et posent leur questions au professeur à la fin d'un cour.

Évidemment, si le professeur n'a qu'un ordinateur portable à remballer avant de quitter l'amphithéâtre, il est supposé que les élèves escaladent tables et chaises pour poser leur question.

 

N'ayant pas de stage obligatoire à effectuer, mes recherches sont restées limitées, car d'une part les laboratoires de recherche de l'université n'avait pas de domaine m'intéressant particulièrement, et d'autre part que les stages ne sont pas dans la mentalité irlandaise en cours d'année.

Mes camarades de 5ème année témoigneront sans doute de la difficulté de trouver un stage, et la plupart ne sont pas rémunérés.

 

Le climat est relativement facile à identifier : il pleut tout les jours (ou presque), mais pas toute la journée (sauf cas exceptionnel), et les parapluies se suicident par dizaines les jours de grand vent (qui sont réguliers). Les températures sont stables également : rarement négatives, elles ne sont pas pour autant chaudes, ainsi on ne se découvre pas d'un fil tout au long de l'année.

Pour résumer c'est un peu les giboulées de mars fois 12. Je note tout de même qu'il a neigé un jour dans l'année, et que l'on a eu droit à 2 semaines de grand beau temps, où la température atteignait presque 30°, fin mai début juin.

 

Les horaires de vie sont relativement aléatoires : il n'y a pas de pause fixe à midi, et les activités le soir (sport...) peuvent débuter à 18, 19 ou 20 heures. Comme partout, il faut s'accommoder d'un emploi du temps qui ne tient pas forcément compte des habitudes française. Faire mon repas principal à 16 heures était donc plutôt habituel.

Quelques supérettes sont ouvertes jusqu'à 22h et certains fasts foods sont ouverts toute la nuit. De plus à Dublin la plupart des commerces sont ouverts le dimanche. J'ai également noté que les rues restent animées à 3h du matin.

 

Le réseau de bus offre des horaires tout aussi aléatoires, et il n'est pas rare d'attendre un bus 30 minutes alors qu'il est sensé en passer toutes les 10 minutes. Le réseau de tramway est plus sur, mais également plus cher. La carte du réseau urbain est relativement dur à trouver, les descriptions d'une ligne de bus se contentant généralement d'une liste des arrêts desservis.

Globalement, les transports en commun étant chers, et je leur préférais le vélo, solution plus économique et rapide, surtout lorsque l'on considère que la ville est plate. Son seul inconvénient est de s'accommoder de la conduite à gauche en centre ville.

 

Côté nourriture, on se fait à tout, mais le manque de plat cuisiné (surgelé, mais surtout en boîte de conserve) est déroutant au premier abord. Le deuxième mauvais point est la difficulté à trouver certains ingrédients (farine de blé noir...). L'absence d'hypermarchés y est peut être pour quelque chose, mais globalement, j'ai du faire une croix sur bon nombre de plats que je cuisinais régulièrement avant.

 

Les loisirs se réduisent souvent par une sortie au pub, qui proposent souvent un groupe jouant en « live ». Le cinéma est relativement cher (10€ la séance), mais bon, globalement, les irlandais, ils sont au pub à partir de 17h, alors...

Du coup, ils ont tout le temps le sourire et entament la conversation très facilement. D'ailleurs, en partant à Dublin et en passant suffisamment de temps dans des pubs, on peut revenir trilingues : langue maternelle, anglais (option accent irlandais), irlanglais soûl.

A ce propos, en visitant Belfast, un irlandais (du nord, faut-il le préciser) se targuait d'être un vrai irlandais, par opposition aux dublinois qui sont à la solde des multinationales. Mais la grande majorité des irlandais que j'ai rencontré sont des gens ouverts et faciles à vivre. Mais les pubs sont une institution culturelle irlandaise, et il serait dommage de passer au travers.

Ce sera probablement ce qui me manquera le plus à mon retour.

 

Une partie importante de mon séjour fut consacré aux « road trips » pour visiter ce pays : je suis donc allée à Galway voir les falaises de Moher et « the ring of Kerry », à Cork (avec l'association des étudiants internationaux de Trinity College), à Belfast et à la chaussée des géants, j'ai également visité bon nombre des attractions autour de Dublin (Glendalough, Wicklow...) ainsi que Dublin.

 

D'ailleurs l'association des étudiants étrangers (DUISS – Dublin University International Student Society) proposait de nombreux road trips durant les week-ends (Kilkenny, Cork, Galway, Belfast) et des visites le samedi dans les attractions proches de Dublin, ainsi que la projection de films une fois par semaine.

De nombreuses associations au sein de Trinity College permettent également de pratiquer une activité, ou de regrouper des personnes ayant un centre d'intérêt commun (escalade, escrime, jusqu'au club de débat et aux journaux internes). C'est également un bon moyen de faire des rencontres.

 

Si le mal du pays devient trop pressant, il existe une bibliothèque française en centre ville, et également plusieurs restaurants et boulangeries français. Mais en général, les muffins font un bon remplacement des pains aux chocolats au petit déjeuner.

 

La seule chose vraiment dérangeante est le clavier qwerty sans accents pour écrire du français, mais pour une fois que je pouvais avoir une conversation sans accents, je ne vais tout de même pas m'en plaindre.

 

Bilan et suggestion

Selon mes amis qui m'ont fréquentée tout au long de l'année (non-francophones), ils n'ont pas noté de grands progrès dans ma prononciation, ce qui est à mon avis un mensonge éhonté du à une jalousie excessive. Je pense donc que j'ai grandement amélioré mes capacités d'établir un contact humain en utilisant la langue de Shakespeare.

 

Chose indéniable, j'ai grandement amélioré ma compréhension orale, et notamment face au fort accent irlandais (que même les canadiens, de langue maternelle anglaise, avaient du mal à comprendre), cependant comprendre un autre fort accent sorti du fin fond d'une campagne obscure et retranchée du monde relèverait d'un défi que je me ferais fort de relever, quitte à laisser mon égo à genou.

 

Sur le plan humain, j'ai rencontré beaucoup de monde venant d'horizons différents, tant au niveau géographique que sur leur histoire personnelle. J'ai rencontré donc successivement des français qualifiés, venant en Irlande pour améliorer leur anglais, des étudiants faisant un échange international, ou des étudiants irlandais, dont un qui avait repris ses études après avoir fondé une entreprise et l'avoir revendu. C'est extrêmement enrichissant, et je garderais contact avec eux dans les prochaines années.

 

Sur le plan culturel, les irlandais ont beau protester, ils ont globalement les mêmes habitudes que les anglais : spar, tesco, muffins, tout y est, on s'y croirait !

A cela près que les pubs et les buskers ont une présence nettement plus marquée, et on comprend vite pourquoi : ce sont deux choses qui vont réellement me manquer lors de mon retour en France.

 

Pour les suggestions, je n'en ai pas, n'ayant pas rencontré de difficulté m'ayant marquée à ce point durant cette année d'expatriée, mais prévenez tout de même les jeunes âmes sensible de se préparer à tout au niveau culinaire : les irlandais mangent tout et n'importe quoi à n'importe quelle heure, leur petit déjeuner traditionnel comportant boudin, bacon, saucisses, haricots blancs et thé, entre autres.

Mais étant tout de même un pays dynamique démographiquement, j'avouerais que peu de jeunes irlandais engloutissent un tel festin au réveil, mais que c'est un repas fort appréciable vers 11h, avec le sandwich proposé par le centra ou le spar du coin.

 

A noter aussi qu'on peut trouver des tas d'épiceries polonaises, ou d'europe de l'est, d'asie également, mais que je n'ai jamais vu de farine de blé noir sur aucune étagère.

Une suggestion pourrait donc être d'ouvrir une épicerie française, mais ce n'est certainement pas à vous qu'il faut la faire...

Par Mathoche
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Samedi 6 juin 2009

Après avoir achevé mes partiels, je les fêtais donc plus ou moins dignement, alternant soirées aux pubs, grasses matinées et prélassements au soleil. Car oui, aussi fou que cela puisse paraître, il a fait beau à Dublin.

Et pas juste un soleil timide : un vrai de vrai, qui tape fort et distribue les coups aussi généreusement que Sarko les billets de charter.
Bref, devant un tel ciel bleu, et avisant un jour de congé de Caro, je lui proposais tout de go d'aller visiter la Chaussée des Géants, haut lieu touristique irlandais qui manquait encore à mon palmarès.
Hésitante, mais le sourire aux lèvres, je me fis fort de la convaincre en peu de temps, grâce à ma rhétorique sans faille et à mon sourire enjôleur.
Je me retournai donc ensuite, pleine de charisme, vers nos autres compagnons pour leur proposer une place dans l'expédition.

C'est donc à quatre que nous partîmes pour Belfast : Caro, Sebastien, Chloé et moi.
Arrivés à Belfast, nous rejoignîmes sans grands détours l'auberge. Et oui, mon sens de l'orientation est sans faille.
Après avoir déposé nos maigres bagages, nous questionnâmes le maître des lieux où nous pouvions passer une agréable soirée dans cette ville aux rues désertes (ce qui est étonnant, pour nous pauvres citadins qui venions tout juste de quittez la mégalopole de Dublin, qui ne dort jamais).

L'aubergiste nous ayant recommandé cinq endroits aussi attrayant les uns que les autres, nous nous dirigeâmes vers le premier.
Qui était fermé.

Pestant contre la fatalité, nous entrâmes dans la taverne juxtant ce pub, et bien que l'endroit était fort sympathique, il n'offrait nulle place pour soulager nos pauvres jambes, fatiguées de tant de marche, et qui appréhendaient le lendemain.
Nous quittâmes donc cet établissement au son de la contrebasse, et nous dirigeâmes vers la taverne suivante de la liste de l'aubergiste.

Nous eûmes le plaisir de découvrir un pub de caractère, sorte de croisement entre un bar habituel et un bistrot PMU, à la décoration hétéroclite.
Le bar habituel pour la population jeune, et même quelque peu décalée (on notera d'ailleurs le serveur punk), et le côté PMU pour la bande de personnes plus âgées, qui plaisantaient bruyamment autour d'une pinte.
En fait, je doutais qu'ils en fussent à leur première... Mes soupçons furent confirmés lorsque l'un de ces personnages vînt entamer la conversation, clamant haut et fort qu'il était un vrai irlandais, pas comme ces bastringues dublinoises, non mais pour qui ils se prennent vraiment là bas, après tout il ne faudrait pas oublier d'où on vient, mais franchement.
Bon, je vous traduit de mémoire et à peu près, mais le message était bien celui-là !

Après quelques heures, las de tant d'émotion, nous rejoignîmes notre gîte pour une nuit de sommeil honnêtement gagnée.
Mais mon sens de l'orientation est plus performant que mon habileté à utiliser un réveil, et c'est avec une bonne demi heure de retard que nous nous levâmes précipitamment pour nous ruer sur le bus sensé nous mener vers le but de notre périple.
Malencontreusement, nous nous trompâmes de bus, mais découvrîmes mon erreur à temps pour sauter in extremis dans le bon car.

Nous arrivâmes donc sans encombre après 3 heures de trajet à la chaussée des Géants, cette formation volcanique propre à faire rêver tous les geeks de la terre, les fans de mythologie comme les hérétiques de géologie.
Après avoir arpenté ces lieux, nous nous retranchâmes hors de porté des rayons du soleil vers les quelques échoppes touristiques, où nous pûmes dépenser nos derniers pounds en nous rafraîchissant avec quelques glaces de bon augure.


Ceci fait, il nous restait bien une heure à tuer avant de reprendre le bus en sens inverse, et Chloé proposa la réalisation d'un petit film explicatif sur la chaussée des Géants.
Promis, dès qu'il est monté, il accompagnera ce billet.
Par Mathoche
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