I want to break free!
18 sept. 2012J'ai eu le plaisir hier soir de suivre le débat télévisé sur le mariage et l'adoption des/par les couples gays et lesbiens. (Invités : Anne HIDALGO, Première adjointe du maire de Paris ; Christine BOUTIN, Présidente du Parti chrétien-démocrate ; Nicolas GOUGAIN, Porte-parole Inter-LGBT (Association lesbienne, gay, bi et transsexuelle) ; Pierre LÉVY-SOUSSAN, Psychiatre et psychanalyste, Auteur de "Destin de l’adoption" (Fayard) ; Caroline FOUREST, Essayiste, Rédactrice en chef de la revue ProChoix ; Guillaume ROQUETTE, Directeur de la rédaction du Figaro.)
Je vous passerais les détails de l'argumentaire plutôt faible de Christine Boutin, qui se cantonne à mettre en garde contre la porte ouverte aux mariages polygames (que personne ne réclame), sans rejoindre pour autant son idole Mgr Dominique Rey, qui défend un non catégorique, au motif que cela ouvrirait les portes aux mariages polygames et incestueux.
Mais c'est bien sur. Tous les homosexuels veulent le mariage polygame. Ils sont tous libertins et veulent tous vivrent leurs amours pluriels au grand jour et élever leurs enfants dans un lieu où la fornication serait le seul mot d'ordre. D'ailleurs ils ne sont pas un poil jaloux, et lorsqu'un membre de leur couple trouve un bon coup ailleurs, il le ramène à la maison, et partage tout cet excès de plaisir.
Ce partage étant exponentiel, la communauté homosexuelle ne serait en fait qu'une immense partouze (de celle que ces vieux cons coincés tapent sur youporn, parce que, admettont le, c'est quand même plus bandant que la vieille rombière ayant enfanté moultes enfants -la contraception, c'est le mal- pour relancer la démographie vieillissante).
Mais le scientifique, l'analyste, la caution morale, la personne sensée, raisonnable, tenue par la méthode scientifique rigoureuse de ce débat est Pierre Lévy-Soussan.
Ce nom ne vous dit rien ? Pourtant c'est le pédo-psychiatre spécialiste de l'adoption attitré des émissions de télévision en tous genres.
Comme dans les nouveaux chiens de garde, il est un des seuls experts (si ce n'est le seul) appelé pour son expertise sur le sujet. D'ailleurs il n'est pas trop aimé de coeur adoption, qui lui reproche ses trop nombreuses et trop larges approximations, dont le seul but est d'étayer son propos.
Pour en revenir à notre propos, maintenant que le personnage principal est campé (vous pouvez également faire vos petites recherches vous-même), j'en reviens à sa participation dans l'émission mots-croisés, particulièrement au passage où il se réfère à l'adoption dans la Rome antique. Cette adoption, à la visé plus large que la notre, donnait possibilité à des alliances entre famille, et laissait un père (adoptif) choisir son digne héritier (ce dernier n'étant pas forcemment orphelin, ni abandonné). On est loin du désir de fonder un foyer et d'élever un enfant.
Voici donc (ou peu s'en faut), le discours de notre éminant spécialiste en la matière (la tirade commence à 50'30" de la vidéo) :
"Pour pouvoir avoir un sentiment de filiation, un enfant doit pouvoir fantasmer sa création dans le couple. Si l'on remonte à l'adoption que pratiquaient les romains, qui en avaient une vision plus large que la notre, ils se sont posé la question d'adopter des personnes plus agées qu'elles-même. Et s'ils ne l'ont pas fait, c'était parce que ce fantasme n'était pas possible."
Oui, c'est l'évidence même que c'est la raison pour laquelle les romains n'adoptaient pas des p'tits vieux pour en faire leurs héritiers. Intellectuellement parlant, cet exemple est présenté de façon tout à fait objective, et cette explication est la plus simple possible. D'ailleurs les romains ont consulté leurs psychiatres de l'époque (ces fervents admirateurs de Freud).
Cette intervention donne un nouvel éclairage sur l'honnêteté intellectuelle de l'expert, n'est-ce pas ?
Je vous conseille la lecture de ce point de vue, publié sur lemonde.fr à propos du regard de la science (particulièrement en France) sur l'homoparentalité. Il a l'avantage de reposer sur plus d'un universitaire, et de citer des noms de différents courants de pensées.
Il souligne par ailleurs qu'il n'y a aucune raison de penser qu'un enfant élevé par un couple homo aura plus de séquelles psychologique qu'un enfant élevé par un couple hétéro.
Je vous passe les commentaires facebook de cette émission, qui vont bien au delà de la bigotterie pour se frôler parfois à l'homophobie.
Non, en fait, certains sont trop beaux.
"Je ne comprends même pas que la question se pose. Un enfant vient forcément d'un père ET d'une mère. Nous ne sommes pas encore à créer des enfants par incubateur maternel. Donc, même si une femme homosexuelle a un enfant, il a FORCEMENT un père, même s'il ne le reconnait pas. et c'est enlevé la paternité à un père biologique sans son consentement. Et je trouve cela lamentable. [...] Un idéalisme d'égalité entre des personnes qui ne ressemblent en rien à leur voisin. L'égalité homme femme. Une aberration des féministes pures et dures. L'égalité hétéro homo, IDEM. On est différent, soit. Alors acceptons cette non égalité naturelle. La nature ne fonctionne d’ailleurs que grâce à ces différences. S'il n'y avait pas de différence entre chacune des choses et chacun des êtres vivant, il n'y aurait pas de vie du tout. Nous existons seulement parce que la nature ne cherche pas l'égalité parfaite, mais l'équilibre. L'homme devrait parfois retrouver un brin de nature."
Un enfant vient forcément d'un spermatozoïde et d'un ovule, en tous cas pour notre espèce. Nous sommes rendus à la procréation médicalement assistée pour les couples stériles hétérosexuels (stérilité chez la femme ou/et l'homme). Ces couples ne sont pas si différents des couples homos dans le sens où ils ne peuvent pas avoir d'enfant sans aide médicale.
La différence est ici juridique : les couples hétéros sont aptes à la procréation, même si elle ne leur est pas permise par Dame Nature, et les couples homos ne le sont pas. C'est cette inégalité juridique que la loi veut supprimer. D'ailleurs, les gens sont moins choqués par l'inégalité des couples hétéros dont la femme ne peut pas porter un enfant face aux couples fertiles...
Il restera néanmoins une inégalité entre les couples gays (deux hommes) et lesbiens et hétéros : les papas ne sont pas enceints. Effectivement, biologiquement, il va nous falloir du temps. Ceci dit, la question de la mère porteuse se pose d'un point de vue éthique en France, car utiliser le corps d'une femme pour procréer un enfant qui ne sera pas le sien fait (un peu) penser à de la traite d'êtres humains.
Et la traite d'êtres humains, c'est mal.
Le même débat a eu lieu dans on est pas couché, et Natacha Polony s'est attiré les foudres d'une autre blogueuse...
Pour clore cet article, voici la bande annonce d'une excellente comédie sur la crise d'une famille homoparentale.
Je vous remets la bande annonce des nouveaux chiens de garde parce que le film (bien que partial) touche juste (quand même).