The Moon Kiss
03 févr. 2010Il s'intitule "Contre la pétition souhaitant interdire Le baiser de la lune. ".
"Contre une pétition"... Être contre quelque chose qui est déjà contre quelque chose, ça commence à être redondant, non ? Je suis donc allée plus avant, me demandant ce qui pouvait prêter à tant de polémique.
Il se trouve donc que "Le Baiser de la lune" est un court métrage destiné aux enfant traitant des amours homosexuels.
Évidemment, ce genre de court-métrages fait couler beaucoup d'encre, et les conservateurs déploient leur immense bouclier pour protéger les enfants des français bien pensant contre ce conte.
Extraits de la lettre ouverte de Christine Boutin :
Au nom d’une idéologie relativiste poussée à l’extrême, et sous l’impulsion de groupes de pression, ce film idéologique prive les enfants des repères les plus fondamentaux que sont la différence des sexes et la dimension structurante pour chacun de l’altérité.
Vous comprendrez comme moi que « l’apprentissage du respect de l’autre et de sa différence », intention officielle du film, ne peut se faire en niant une différence fondamentale, la différence des sexes, qui est constitutive de notre humanité.
L'homosexualité n'est pas une idéologie. Et si l'on parle de tolérance, alors je ne vois pas le mal qui lui est associé.
D'autre part la différence des sexes est bien au cœur du débat : le conte présente un couple hors norme, dans le sens où les deux individus ont le même sexe, par opposition aux couples hétérosexuels. « L’apprentissage du respect de l’autre et de sa différence », donc également des homosexuels, ne peut se faire qu'en évoquant cette homosexualité.
Donc non, je ne dois pas comprendre pareil...
En naviguant au gré de diverses pages web d'"actualité", je tombais sur celle-ci.
Bon, comme je n'apprécie pas de ne pas pouvoir commenter là-bas, je le fais ici, hein, après tout, c'est un peu mon chez-moi, ce blog.
Premier extrait :
« Une seconde partie développera des exercices ludiques amenant les élèves à réfléchir sur les relations amoureuses : norme, stéréotypes, relations amoureuses entre personne du même sexe. » Il est permis de se demander en quoi consisteront ces « exercices ludiques ». On peut tout craindre !
Oui. Tout le monde sait bien qu'en cours d'éducation sexuelle, le prof fait écarter les cuisses de ses élèves pour une démonstration plus vivante.
Passons.
Second extrait :
« Une troisième partie donnera des informations simples mais juste sur les relations amoureuses entre personne de même sexe. Ces informations sont destinées à répondre de manière appropriée, aux interrogations éventuelles des élèves. »
Les « interrogations éventuelles » d’élèves de 9 et 10 ans !
Oui, les enfants sont curieux, et c'est tant mieux. Ils demandent comment on fait les bébés, et pourquoi tonton machin préfère venir avec un garçon qu'avec une fille.
L'éducation sexuelle, c'est pour plus tard.
Troisième extrait :
En consultant, toujours sur le site du film, les partenaires officiels du projet, on trouve, à côté du « magazine des gays et des lesbiennes », Têtu, du Centre Gays, Lesbiennes, Bi et Transsexuels (CGLBT) de Rennes, de SOS-Homophobie et de la Ligue de l’Enseignement d’Ille-et-Vilaine, une quantité d’institutions publiques, parmi lesquelles : le ministère de la Jeunesse et des Sports ; l’Education nationale (Inspection académique d’Ille-et-Vilaine) ; Le Centre National de la Cinématographie (CNC) ; le Conseil régional de Bretagne ; le Conseil général des Côtes d’Armor ; la Ville de Rennes ; TV Rennes…
Les associations homosexuelles n'ont pas pour but de convertir le reste de la population à leur mode de vie.
Elles ont pour but de communiquer avec le reste de la population pour leur expliquer que non, elle (la population homosexuelle) n'est pas si différente. Et que non, ce n'est pas parce que l'on couche avec quelqu'un du même sexe que l'on est immoral.
Elles ont pour but de prêcher la tolérance envers un minorité mal comprise.
Quatrième extrait :
En voilà assez ! Ce sont nos enfants qu’il s’agit de défendre, c’est leur intégrité mentale qui est menacée par ce genre de projet, avec la complicité active de la puissance publique !
Les parents français sont fondés à refuser que la propagande pernicieuse et l’idéologie du lobby homosexuel pénètrent dans les écoles et jusque dans les classes de leurs enfants.
L'homosexualité n'est pas une maladie mentale.
Ce n'est pas quelque chose que l'on apprend, c'est quelque chose que l'on subit : on ne choisit pas la personne de qui on tombe amoureux. C'est quelque chose que l'on subit d'autant plus violemment que l'on n'est pas forcement préparé à vivre une telle situation.
Tomber amoureux d'une personne qui ne partage pas votre attirance, le vivre bien dans un environnement hostile, et l'annoncer ensuite à un entourage possiblement homophobe, ou le vivre en silence n'est en général pas quelque chose que l'on vit paisiblement.
L'homosexualité n'est pas non plus un lobby.
Le jour où quelqu'un aperçoit une publicité quelque part disant : "Devenez homo, vous serez riche et célèbre !", faites moi signe.
Le placard est une réalité, et si il y a encore du monde dedans, c'est qu'il y a des raisons.
Cinquième extrait :
[Les parents français] sont fondés à se révolter dès lors que l’école publique est financée par leurs impôts. Ils sont fondés à se rebeller dès lors que l’Etat leur fait une obligation de scolariser leurs enfants pour les instruire, par pour les pervertir.
Encore une fois, l'homosexualité ne s'apprend pas.
Ensuite, l'école est un lieu d'échange, reflet de notre société actuelle. C'est par le biais de cette école républicaine que l'enfant peut échanger avec d'autres et apprendre sur la société dans laquelle il évoluera un jour. Il est donc important de lui faire part que des minorités existent, parmi elle l'homosexualité.
Il me parait bon surtout que l'enfant apprenne qu'un homosexuel doit faire face à son environnement, dans une situation de faiblesse, car il n'est pas conforme à la norme hétérosexuelle prônée par toutes les valeurs familiales traditionnelles.
Il me parait bon également qu'un adolescent qui se découvre homosexuel ne doute pas qu'il est un individu normal, sain d'esprit et surtout, surtout qu'il n'est pas pervers.
Car ça me parait important que l'on puisse s'assumer en toute liberté.
J'apprends maintenant que les détracteurs de ce court-métrage (même pas achevé) ont eu raison du projet de le projeter en école primaire.
J'ai peur de la propagande réac'.