Dimanche 8 novembre 2009

Comme je suis de retour pour de bon (modulo une thèse qui s'effectuerait partiellement à l'étranger, et les quelques voyages qui s'imposeront dans mon emplois du temps), je dois multiplier les visites aux quatre coins de la France pour rattraper le temps perdu. Et en bonne irlandaise, j'amenais un temps pluvieux avec moi, mais ça, c'est accessoire.

C'est ainsi que je me retrouvais dans le train pour Rennes, titubant encore de ma folle soirée avec quelques amis, à quelques pas de mes plus jeunes cousins installés dans le compartiment de ma voiture. Vous savez bien, ce compartiment 4 fois 4 places, réservé aux familles, pour cause d'enfants bruyants.
Eh bien ce sont ces mêmes enfants qui me rendaient visite régulièrement à ma place, sous le regard mi-agacé, mi-amusé de mon voisin en face de moi, et celui de la grand-mère au petit garçon à coté de moi.
Au bout du quatrième dessin apporté par ma cousine, et de la sixième anecdote racontée par son frère, je décidais de les rejoindre, sous le regard satisfait de mon voisin.
S'ensuivit quelques jours à Rennes, où nous alternâmes sorties au grand air, patinoire, et pause. Oui, j'en profitais aussi pour rendre visite à une amies perdue en Bretonie.

Donc, la sortie au grand air nous amena à la foret de brocéliande, pour faire plaisir aux enfants. Le chemin était périlleux, l'herbe mouillé, en pente... Et avant même d'avoir pu crier un avertissement aux enfants, je me retrouvais dans une position digne des plus belles chorégraphies de Micheal Jackson, tout en fluidité.
Regardant avec fatalité la tache verte sur mon genoux, Anne-So, qui m'a changé les couches pendant que je lui faisais pipi dessus, me rappelait mes jeunes années où je rentrais invariablement couverte de boue. Je me relevais, et nous arrivâmes enfin devant la porte. Fermée. Pendant les vacances scolaires, bien sur. Comment jouer au Roi Arthur, alors ?
Rebroussant chemin, nous nous rabattîmes sur la cage à écureuils voisine.
Où ma cousine a pu me montrer à loisir comment laisser traîner ses cheveux par terre sans salir sa robe.
Par un regard complice, sa mère et moi décidâmes que la journée du lendemain se déroulerait sous un toit, loin des cages à écureuils qui autorisent ce genre d'exploits.

D'ailleurs, je laissais la petite famille passer du temps avec une autre petite famille de leur connaissance, pour m'échapper l'espace d'un après-midi chez une amies.
Je veux bien passer du temps avec deux enfants en bas age, mais quatre, ça commence à faire beaucoup !
J'allais donc dans une crêperie avec une amie du collège, tout juste le temps de faire quelques oeillades à la serveuse, avant de nous retrancher chez elle pour échanger les derniers potins.
Je rejoignais finalement mes cousins et leur (trop jeunes) amis au parc, me rendant compte dès lors de la faiblesse de ma marraine face à sa progéniture.

Pour finir cette courte visite, nous nous rendîmes à la patinoire.
Après quelques tours baissées sur les niards, à tenter de leur inculquer les bases de l'équilibre sur glace, nous nous résolûmes à aller chercher des chariots, qui comprenaient une partie où l'on peut s'asseoir, et une autre "déambulatoire".
Après avoir suivi consciencieusement mon cousin, jetant un oeil sur ses camarades moins timorés et plus habiles sur leur patin, je me vis requise pour pousser l'engin, pendant que le jeunet s'asseyait, satisfait, sur le siège.
Encore éberluée, je m'emparais des poignées et commença à pousser le chariot, enchaînant les virages avec une fluidité à faire pâlir d'envie Candeloro.
Mais au bout de quelques tours, la fatigue me repris, et je dus m'arrêter pour étirer mes épaules lourdement mises à contribution, et rétablir la position de mon dos.

Mais tout calvaire a une fin, et je grimpais allègrement dans le train pour Paris, afin de rejoindre Laure pour une ultime soirée de détente avant de profiter à nouveau de la compagnie d'autres enfants. (Non mais franchement, c'est quoi cette idée de famille nombreuse ? Si encore j'étais la plus jeune chouchoutée, je ne dirais pas, mais là...)
Enfin bref, Laure m'a rejointe à Montparnasse, et après un interlude chez sa soeur, qui m'a très gentillement prêter de quoi passer une nuit moins inconfortable par ailleurs, nous rejoignîmes quelques anciens de Vérimag, histoire que je ne perde pas mon levé de coude légendaire acquis pendant une année de dures étude sur le terrain irlandais.
Le lendemain matin, je pris une douche donc, pour essayer d'avoir un air pas trop terrifiant face à mes cousines.
J'allais donc, bon pied bon oeil (enfin, autant que faire se pouvait après une soirée arrosée et une nuit courte), dans la salle de bain.
À ce niveau, je ne peux pas ne pas vous décrire la salle de bains. En bref : on peut prendre une douche assit sur les toilettes, pour gagner du temps.
D'ailleurs, j'ai demandé à Laure si je devais enlever mes chaussures pour entrer dans sa douche (qui est aussi, vous l'aurez compris, sa salle de bains).
Bref, j'arrivais sous la douche et allumais l'eau, en la trouvant un brin frisquette. Tout en me mouillant les cheveux (non, stoppez ces pensées lubriques, je vous prie), je poussais l'eau chaude et mis une bonne rasade de shampoing dans mes cheveux.
Et quelque secondes plus tard, je me rendais compte que ce n'était pas le dosage de l'eau chaude qui était en cause, mais plutôt la contenance de ballon d'eau chaude vidé par Laure quelques minutes plus tôt. Tremblante, je coupais l'eau, me lavais, et, prenant mon courage à deux mains, me rinçais à l'eau froide.
Brrrrrrrrr ! Ça réveille !

Entre deux éternuements, je quittais Laure pour traverser tout Paris, pour rejoindre tante et cousines. Après s'être rapidement restaurées, nous nous dirigeâmes vers le cinéma, où j'accompagnais la plus âgée de mes cousines voir Lucky Luke. (Que je ne recommande pas, par ailleurs. Ce n'est pas que c'est mauvais, c'est juste qu'il y a des meilleurs films à l'affiche : Micmacs, Mary and Max, Le petit Nicolas, Hotel Woodstock, Je Suis Heureux...)
Bref, en sortant du ciné, ma cousine se tourne vers sa mère en souriant et lui dit : "C'était vachement bien, mais j'ai rien compris !".
En effet, en réponse aux nombreux clins d'oeil du film, et ayant le rire facile, la petite m'entendais rire à intervalles régulier, sans pour autant en comprendre la cause.

Je consacrais la journée du lendemain à ma toute nouvelle cousine : 3 mois.
Je m'attendais à un bébé tout mignon, tout petit, tout fin, en porcelaine quoi.
Je me suis retrouvée avec un bébé géant, deux fois plus grosse que ce à quoi je m'attendais, et hurlant à tout va.
Bon, c'est vrai que j'exagère le hurlant à tout va, car la petite était calme. Par contre, elle était lourde, pour son âge.

Je rentrais ensuite enfin dans mes pénates, pour accueillir Laure chez moi à Grenoble, qui ne pouvait décidément plus se passer de moi.
Mais elle, elle a pu prendre une douche chaude, et elle a eu le droit à un vrai lit !
Par Mathoche - Publié dans : Expat'
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Vendredi 28 août 2009

Et me voilà de retour en France.
Son train train quotidien.
Tram, eau, boulot, eau, dodo.
Oui, beaucoup d'eau.

Comme en Irlande, me direz vous.
Mais non. Ici, l'eau ne tombe pas du ciel.
Du coup, il faut en boire.
Beaucoup.

La seconde solution est de sortir de la ville de temps en temps.
Et donc, je profitais d'une demande expresse de Yann, venu me rendre visite, pour préparrer une rando pour la dent de Crolle.
Deux heures de marche, 600m de dénivelé.
On m'avait promis une vue au sommet, alors je grimpai.
Et croyez moi, j'eu autant de mal que le petit normand.

En montant, nous croisâmes des personnes agées. Environ 70 ans.
La forme, les pépés-mémés !

Et arrivée au sommet, je me retrouvai dans un nuage.
Oui, dans, pas sur.
Dans le nuage, qui nous empêcha de voir le mont Blanc.
Après une brève collation, nous repartîmes.

En descendant, nous croisâmes des enfants. 3 et 6 ans.
La forme, les bébés !

Le lendemain, débrieffing avec un ami féru de parapente, et par extention de rando :
- Alors, combien de temps pour monter ?
- Oh, bah deux heures, normal quoi...
- Tant que ça ? Moi, je la fais en une heure. Et encore, j'ai un copain qui la fait en 3/4 d'heure...
La résolution fut vite prise : ne pas aller en rando avec lui.

Ma seconde escapade m'amena visiter Antibes, gentillement hébergée par Chloé. Au programme : plage, feux d'artifice, plage, et sauter dans le train.
Je préparai donc mes affaires, mettant de côté la crème solaire en admettant que j'en trouverai sur place. Je ne me trompais pas. Je préparrai donc mes affaires (qui se réduisaient à enfiler mon maillot et à mettre ma serviette sur mes épaules) et rejoignis mes camarades, direction la plage.

Je tachai également de les préparrer psychologiquement : je suis blanche de peau.
Non, mais plus que ça.
J'ai les jambes tellement blanche, que si je prend un bain de mi-nuit je vois les poissons autour de moi.

Malgrés mes avertissements, tout le monde fut étonné de ma blancheur de peau, ce qui m'a valu un nouveau surnom : Blanche Neige.
Ceci dit, j'étais choquée de voir des noirs s'exhiber ainsi sur la plage.
Des vieux, en plus. Mais leur noirceur n'avait rien de naturel : rien à voir avec le teint légèrement halée des randonneurs de mes montagnes, ou avec la peau d'ébenne  des joueurs de foot.
Non, là leur teint tennait plus des séances d'UV intensives que d'une communion intensive avec mère nature.
Les dévisageant de manière tout à fait impolie, je tentais vainement d'orienter mon regard vers les corps jeunes et beaux qui m'entouraient.
Mais quoique je fisse, mon attention leur revenait invariablement.

Le soir venu, nous nous rendîmes à Cannes, où avait lieu le festival d'art pyrotechnique.
A ce moment, j'eu droit à un magnifique feu d'artifice sur le thème cieux et enfer.
J'appréciai le juste dosage des feux, leur lien avec la rythmique de la musique, leur légèreté...
D'ailleurs, le bouquet final était trop léger pour l'oeil averti de Chloé, qui est restée sur sa faim.
Mais personnellement, j'ai adoré.

Le lendemain, nous retournâmes à la plage, une dernière baignade avant de retourner à Grenoble, où la température est la même, mais la baignade en mer moins accessible.

Pour finir, nous quittâmes la plage pour que je puisse sauter dans le TGV.
Occupée à vider le sable de mes chaussures, je me plaignais à mes compagnons de voyage : "Ah, quitter la plage pour sauter dans le train, c'est pas une vie !"
Par Mathoche - Publié dans : Expat'
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Dimanche 26 juillet 2009

Je suis donc rentrée en France il y a plus d'un mois (déjà).
Et ce fut une rude épreuve.
La première épreuve fut de traverser la route.
Non, ne rigolez pas, c'est plus dur que ça en a l'air !

En France, les passage piétons ne sifflent pas !
En France, les voitures roulent à droite !

Ces constatations m'amenèrent à modifier deux habitudes : regarder à gauche avant de traverser (pour changer du "look right" écrit sur le bord du trottoir), et cesser de textotter en attendant le tswiiittatatatatatatatata !
Croyez moi, les nouvelles habitudes sont aussi tenaces que les anciennes.

Bref, après avoir évité moultes voitures klaxonnant furieusement, je pu m'installer chez Chris qui m'hébergea pour la nuit.
Oui, parce que je suis restée sans abris en regagnant la France. D'ailleurs, je continuais à déménager tous les jours (ou presque, tout a une fin... ou presque.)  pour emmenager chez Flo.
Chez qui je suis toujours.
Et oui, je retourne en coloc'.

D'ailleurs, pour ne pas perdre la main, je suis directement allée voir Yaya pour voir s'il ne pouvait pas me donner un peu de science à faire pendant l'été, histoire de reprendre de bons réflexes avant la rentrée.
Il me donna donc bien gentillement un article à lire.
Que j'ai mis une semaine à lire.
Une autre à comprendre.

Une fois cette lecture digérée, on me donna un nouvel article.
Et on me demanda de fusionner les deux.
Comme ça, ça fera un bébé papier.
A soumettre avant septembre...

D'ailleurs, en parlant de publier, si je m'ennuie, je peux toujours finir celui sur le vote électronique...
En quittant le labo, je croisais JF Monin, qui s'étonnait que je ne rougisse pas de ne pas avoir fait le magistère cette année.
Je lui répondis donc sans rougir que là-bas on sous-estimait mes capacités, doutant fortement que je puisse mener à bien études et stage, gardant pour moi qu'ici on sur-estimait ces mêmes capacités, me demandant de travailler plus pour publier plus, certes, mais également de sortir moins pour produire plus.
Je sais.
Je l'ai cherché.

D'ailleurs, ça ne tombe pas plus mal.
Car en fait de sortie, les bars de Grenoble font pales figures en comparaisons de ceux de Dublin.
Quand j'arrive à trouver mon chemin pour rejoindre mes amis.
Je me suis rendue compte que je confondais les noms et les endroits, les rues et les places, et que me suivre pour sortir dans Grenoble était plus risqué que me suivre pour aller boire une pinte dans Dublin (vous me direz, Dublin c'est pas difficile, il y a un pub à tous les coins de rue), malgrès les 5 années que j'ai passées sur place.
Mais les pubs dublinois ont une longueur d'avance sur leur ersatz grenoblois : un groupe jouant en live.

Je me suis vue compenser ce manque par les concerts du cabaret frappé, sous un soleil qui ferait pâlir d'envie les dublinois.
Par Mathoche - Publié dans : Expat' en Irlande !
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